Chantier d'immeuble en construction avec grues et structure en béton apparent sous un ciel dramatique
Publié le 15 mars 2024

Face à un marché immobilier neuf fragilisé, la protection de votre investissement en VEFA ne repose plus uniquement sur les garanties légales, mais sur votre capacité à maîtriser le cadre contractuel et procédural en amont.

  • Anticipez les risques en auditant la santé financière du promoteur avant toute signature.
  • Négociez des clauses de pénalités de retard qui constituent un véritable levier financier.
  • Documentez chaque étape du chantier et utilisez la consignation du solde comme une arme juridique lors de la livraison.

Recommandation : Transformez votre rôle d’acquéreur passif en celui de maître d’ouvrage averti en appliquant une checklist de vérifications juridiques et techniques à chaque étape clé du processus.

L’acquisition d’un bien en Vente en l’État Futur d’Achèvement (VEFA) représente une projection patrimoniale attractive. Pourtant, le contexte économique actuel, marqué par une augmentation des défaillances de promoteurs et des chantiers à l’arrêt, transforme cette projection en source d’inquiétude légitime pour l’investisseur. La peur de voir son capital immobilisé par des retards de livraison interminables, voire par une faillite pure et simple, est plus présente que jamais. Face à ce risque, le conseil habituel se résume souvent à vérifier la réputation du promoteur ou à se reposer sur la Garantie Financière d’Achèvement (GFA).

Cependant, ces protections passives se révèlent souvent insuffisantes ou complexes à activer lorsque le sinistre est déjà survenu. La véritable clé de la sécurisation ne réside pas dans la réparation, mais dans la prévention et la maîtrise procédurale. L’enjeu n’est pas simplement d’espérer que tout se passe bien, mais de construire, dès le contrat de réservation, un cadre juridique et contractuel qui protège vos intérêts de manière proactive. Il s’agit de passer d’un statut d’acquéreur passif à celui de maître d’ouvrage averti, armé des bons outils de contrôle et de pression.

Cet article n’est pas un simple catalogue des garanties légales. Il constitue un guide procédural, conçu pour vous donner les leviers d’action concrets à chaque étape de votre investissement. Nous allons disséquer les mécanismes contractuels, les signaux d’alerte financiers, les stratégies de surveillance et les optimisations fiscales qui, ensemble, forment le véritable bouclier de votre patrimoine. De la négociation des pénalités à la checklist ultime avant la signature définitive, vous découvrirez comment transformer chaque document et chaque échéance en un rempart contre l’incertitude.

Pour vous guider à travers les méandres de la VEFA et vous armer efficacement contre les risques, cet article est structuré pour répondre aux questions cruciales que tout investisseur avisé doit se poser. Le sommaire suivant détaille les étapes clés de votre démarche de sécurisation.

Comment négocier les pénalités de retard dans votre contrat de réservation VEFA ?

La clause relative aux pénalités de retard n’est pas un détail administratif, mais votre principal levier financier en cas de défaillance du promoteur sur ses délais. Trop d’investisseurs la considèrent comme non négociable, alors qu’elle constitue un point essentiel de la discussion pré-contractuelle. Le contrat de VEFA est un contrat d’adhésion en apparence seulement ; un acquéreur préparé peut et doit en amender les termes pour rééquilibrer le rapport de force. L’objectif n’est pas d’obtenir des conditions léonines, mais de s’assurer que le préjudice subi en cas de retard sera justement et automatiquement compensé.

Le point de départ de toute négociation est la base légale. En l’absence de clause spécifique, la jurisprudence est fluctuante. Il est donc impératif de contractualiser ces pénalités. Le standard du marché, souvent proposé par défaut, est une indemnité minimale. Par exemple, les pénalités de retard correspondent généralement à 1/3000e du prix d’acquisition par jour de retard. Pour un bien à 300 000 €, cela représente 100 € par jour. Si ce montant peut sembler correct, il ne couvre pas toujours la totalité du préjudice réel (loyers perdus, frais de stockage, double charge de logement…).

La négociation doit donc porter sur plusieurs axes : l’augmentation du ratio, l’abaissement du seuil de déclenchement (par exemple, après 15 jours de retard au lieu des 30 jours calendaires habituels) et l’absence de plafond d’indemnisation. Il est crucial de faire inscrire que ces pénalités sont dues sans qu’il soit besoin de justifier d’un préjudice. Cette mention vous évite d’avoir à prouver vos pertes financières, ce qui simplifie considérablement la procédure de recouvrement. Une négociation réussie sur ce point transforme une simple clause en une véritable garantie opérationnelle.

Plan d’action : les étapes de la négociation des pénalités

  1. Vérification initiale : Analysez en détail la clause de pénalités proposée dans le projet de contrat de réservation. Si aucune n’est présente, c’est un signal d’alarme et une exigence à formuler immédiatement.
  2. Proposition de modification : Rédigez un avenant ou demandez une modification écrite du contrat pour inclure un ratio plus élevé (ex: 1/2000e), un seuil de déclenchement plus court et la suppression de tout plafond.
  3. Indexation sur le préjudice réel : Demandez l’ajout d’une mention permettant, en plus des pénalités forfaitaires, une indemnisation complémentaire sur présentation de justificatifs (loyers, frais de garde-meuble, intérêts intercalaires).
  4. Négociation de contreparties : Si le promoteur est réticent, proposez des concessions mineures sur d’autres points (choix de finitions non prioritaires, etc.) en échange de cette sécurité juridique fondamentale.
  5. Validation juridique : Avant toute signature, faites relire et valider la version finale du contrat et de la clause par votre propre conseil (avocat ou notaire) pour en assurer la parfaite validité juridique.

Les signes avant-coureurs d’un promoteur en difficulté financière à repérer avant de signer

La solidité de votre investissement VEFA est directement corrélée à la santé financière de votre promoteur. Dans un contexte où, selon la Fédération des Promoteurs Immobiliers, 308 projets de promotion ont été déclarés en défaillance rien qu’en 2024, une diligence raisonnable n’est plus une option, mais une obligation. Attendre les premiers signes de ralentissement du chantier est souvent trop tard. L’enquête doit être menée en amont de la signature du contrat de réservation, lorsque vous avez encore toute latitude pour vous retirer sans frais.

Un promoteur en difficulté émet des signaux faibles bien avant que la situation ne devienne critique. Ces indices peuvent être d’ordre commercial, technique ou financier. Une agressivité commerciale anormale, avec des remises très importantes et inhabituelles sur le marché local, peut masquer un besoin urgent de liquidités pour boucler un projet. Sur le plan technique, un turn-over élevé des équipes sur les chantiers précédents, ou des retours négatifs d’anciens clients sur les forums spécialisés concernant la levée des réserves, sont des indicateurs précieux. N’hésitez pas à visiter d’anciennes réalisations et, si possible, à échanger avec des propriétaires.

L’analyse financière est le pilier de votre audit. Ne vous contentez pas de la plaquette commerciale. Consultez les bilans financiers de la société de promotion sur des plateformes comme Societe.com ou Infogreffe. Des fonds propres en baisse, un endettement qui explose ou des résultats nets négatifs sur plusieurs exercices consécutifs sont des signaux d’alarme majeurs. Un promoteur sain réinvestit ses bénéfices et maintient un ratio de fonds propres solide pour faire face aux imprévus. Un promoteur qui fonctionne à flux tendu est un risque pour votre projet. Cette démarche, bien que fastidieuse, est le meilleur rempart contre le risque de faillite.

Mains analysant des documents financiers avec calculatrice et graphiques flous en arrière-plan

L’analyse des documents, comme illustré ci-dessus, doit être méthodique. Elle ne se limite pas aux chiffres mais aussi à la structure de l’entreprise. Un promoteur qui crée une SCCV (Société Civile de Construction Vente) distincte pour chaque programme n’est pas un signe négatif en soi, c’est la norme. Le point de vigilance est de vérifier que la société mère, qui se porte garante, est elle-même solide et non une simple coquille vide. Votre notaire peut vous assister dans cette analyse de la structure juridique et financière du montage.

Checklist d’audit de la fiabilité d’un promoteur

  1. Points de contact et communication : Analysez la réactivité et la transparence de vos interlocuteurs. Des réponses évasives ou des délais de réponse anormaux à des questions précises (sur la GFA, les assurances) sont un premier indice de manque de rigueur.
  2. Collecte de données publiques : Rassemblez les bilans financiers des trois dernières années. Vérifiez l’historique des projets livrés : ont-ils subi des retards importants ? Recherchez les avis d’anciens acquéreurs sur des forums spécialisés.
  3. Cohérence des engagements : Confrontez le discours commercial aux documents contractuels. Les délais annoncés verbalement sont-ils fermement inscrits dans le contrat de réservation ? Les garanties sont-elles clairement identifiées (nom de la banque pour la GFA, etc.) ?
  4. Détection des signaux faibles : Soyez attentif aux rumeurs de fournisseurs mal payés sur d’autres chantiers, à une politique de remises commerciales agressive, ou à un manque de présence technique et de suivi lors des premières interactions.
  5. Plan de questionnement : Établissez une liste de questions écrites précises à poser au promoteur avant signature sur la base de votre analyse. La qualité et la rapidité des réponses seront un excellent indicateur de sa fiabilité.

Comment surveiller l’avancement des travaux sans être expert en bâtiment ?

Une fois le contrat signé, votre vigilance ne doit pas faiblir. La surveillance de l’avancement du chantier n’est pas réservée aux experts en bâtiment ; c’est un droit et un devoir pour l’acquéreur. Un suivi régulier et documenté vous permet de détecter les dérives de planning bien avant l’annonce officielle d’un retard par le promoteur. Cette proactivité vous donne un avantage pour anticiper les conséquences et, le cas échéant, préparer votre dossier pour l’activation des pénalités.

La méthode la plus simple et efficace est la création d’un journal de bord photographique. Lors de vos visites, même depuis la voie publique si l’accès est interdit, prenez systématiquement des photos datées, si possible depuis les mêmes angles. Cela crée un historique visuel incontestable de l’évolution (ou de la stagnation) du chantier. Ces photos constitueront des preuves tangibles si un litige survient. Planifiez des visites à des intervalles réguliers, par exemple une fois par mois, et corrélez vos observations avec l’échéancier des appels de fonds, qui correspondent à des stades d’avancement précis (achèvement des fondations, mise hors d’eau, etc.).

Ne restez pas isolé. La force du collectif est un atout majeur. La création d’un groupe de discussion (type WhatsApp) avec les autres acquéreurs du programme permet de mutualiser les informations, les photos et les interrogations. Un front uni a beaucoup plus de poids face à un promoteur. Comme le souligne une analyse du secteur, la communication est clé.

La communication entre clients et promoteurs permet souvent de résoudre les problèmes. Les promoteurs peuvent rassurer leurs clients inquiets en leur donnant la possibilité de suivre pas à pas l’avancement des travaux. La création d’un groupe privé avec les autres acquéreurs permet de présenter un front uni face au promoteur et de documenter collectivement l’évolution du chantier.

Enfin, pour les étapes les plus techniques et cruciales (cloisons, plomberie, électricité), n’hésitez pas à vous faire accompagner. Vous pouvez mandater un Assistant à Maîtrise d’Ouvrage (AMO) ou un architecte pour une ou deux visites clés. Le coût de cette prestation est minime au regard de la tranquillité d’esprit et de la pertinence technique des observations qui seront consignées dans un rapport, renforçant d’autant votre dossier.

Investissement Pinel ou Ancien rénové : lequel offre la meilleure sécurité patrimoniale aujourd’hui ?

Le choix entre un investissement en VEFA sous dispositif Pinel et l’acquisition d’un bien ancien à rénover ne doit pas se faire uniquement sous l’angle fiscal. La notion de sécurité patrimoniale, notamment en ce qui concerne la maîtrise du calendrier et du budget, est devenue prépondérante. Chaque option présente un profil de risque distinct qu’il est impératif d’analyser à la lumière du contexte actuel. La VEFA offre une visibilité théorique sur le prix, mais une incertitude sur le temps, tandis que l’ancien offre une maîtrise du temps mais une incertitude sur le coût final des travaux.

L’investissement Pinel en VEFA séduit par sa simplicité apparente : un prix ferme et définitif à la signature, des garanties constructeur solides (GFA, décennale, biennale) et une conformité aux dernières normes énergétiques (RE2020). Cependant, sa principale vulnérabilité réside dans le risque de retard de livraison, qui décale d’autant la perception des premiers loyers et le début de l’avantage fiscal, tout en vous exposant à des charges intercalaires. La standardisation des biens neufs peut également rendre la revente plus concurrencée et moins liquide dans certaines zones.

À l’inverse, l’ancien rénové vous donne la pleine maîtrise du calendrier d’acquisition. Une fois l’acte signé, vous êtes propriétaire. Le risque se déplace sur le chantier de rénovation : les imprévus sont quasi-systématiques et le budget initial est souvent dépassé. Les garanties dépendent des assurances souscrites par vos artisans. Toutefois, cette option offre un potentiel de valorisation supérieur grâce au caractère unique du bien et à son emplacement souvent plus central. Fiscalement, le mécanisme du déficit foncier permet une déduction des travaux de vos revenus fonciers, voire de votre revenu global, offrant un avantage fiscal immédiat et parfois plus puissant que la réduction Pinel étalée.

Le tableau suivant synthétise les points de friction et les avantages de chaque stratégie en matière de sécurité, pour vous aider à arbitrer selon votre propre aversion au risque.

Comparaison de la sécurité patrimoniale : VEFA Pinel vs. Ancien rénové
Critère VEFA Pinel Ancien rénové
Sécurité du calendrier Risque de retard (30% des VEFA) Maîtrise du calendrier mais travaux imprévus
Sécurité du budget Prix fixe à la signature Dépassement quasi-systématique (+30% en moyenne)
Garanties GFA, garantie décennale, RE2020 Garanties travaux variables
Fiscalité Réduction d’impôt étalée (12-21%) Déficit foncier immédiat
Liquidité Standardisation (revente plus difficile) Caractère unique (meilleur potentiel)

Pourquoi la réduction de TVA est souvent plus intéressante que le dispositif Pinel ?

Dans la boîte à outils de l’investisseur dans le neuf, le dispositif Pinel est souvent présenté comme la solution phare. Pourtant, un autre mécanisme, plus discret mais souvent plus puissant, mérite une attention particulière : l’acquisition en zone ANRU (Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine) ou en Quartier Prioritaire de la Politique de la Ville (QPV), qui ouvre droit à un taux de TVA réduit. Cette option peut s’avérer plus sécurisante et flexible que le Pinel, dont les contraintes sont nombreuses.

Le principe est simple : pour l’achat d’une résidence principale dans ces zones spécifiques, la TVA réduite permet une économie immédiate de 14,5 points, passant de 20% à 5,5%. Contrairement à la réduction d’impôt Pinel qui est étalée sur 6, 9 ou 12 ans, l’avantage de la TVA réduite est acquis dès l’achat. Il diminue directement le prix du bien, et par conséquent, le montant du capital à emprunter. Cela se traduit par des mensualités de crédit plus faibles et un coût total du crédit réduit.

L’autre avantage majeur est la flexibilité d’usage. Alors que le Pinel vous contraint à louer le bien pendant une durée minimale, avec des plafonds de loyers et de ressources du locataire, l’achat en TVA réduite (pour résidence principale) ne vous impose aucune contrainte de location. Vous pouvez l’habiter, et si vos projets de vie changent, vous pouvez le mettre en location (sans les plafonds Pinel) ou le revendre, sous certaines conditions de conservation pour ne pas avoir à rembourser le différentiel de TVA. Cette souplesse est un gage de sécurité patrimoniale non négligeable.

Étude de cas : comparaison chiffrée TVA réduite vs. Pinel

Prenons un appartement neuf affiché à 200 000 € HT, soit 240 000 € TTC. En zone ANRU, grâce à la TVA à 5,5%, le prix d’achat final tombe à 211 000 €. C’est une économie immédiate de 29 000 € sur le capital à financer. Pour un investissement Pinel sur le même bien à 240 000 €, une réduction d’impôt de 12% sur 9 ans représenterait 28 800 € au total (soit 3 200 €/an), un montant quasi équivalent mais perçu sur une longue durée et conditionné à une location respectant des plafonds stricts. La TVA réduite offre donc un impact financier immédiat et une liberté d’usage totale, ce qui en fait une option stratégiquement supérieure dans de nombreux cas.

Prêt à Taux Zéro (PTZ) : comment l’intégrer pour différer le remboursement du capital ?

Le Prêt à Taux Zéro (PTZ) n’est pas seulement un outil d’aide à l’accession à la propriété ; c’est un instrument financier stratégique pour sécuriser un achat en VEFA. Sa caractéristique la plus précieuse en cas de retard de livraison est son mécanisme de remboursement différé. Ce différé, qui peut aller jusqu’à 15 ans, crée un ballon d’oxygène financier inestimable pendant la période de construction et au-delà, vous protégeant contre la double charge des intérêts intercalaires et d’un loyer courant.

Le fonctionnement est le suivant : le PTZ finance une partie de votre acquisition (jusqu’à 50% dans certaines zones) sans intérêt. Le remboursement de ce prêt se fait en deux temps. D’abord, une période de différé (de 5, 10 ou 15 ans selon vos revenus) pendant laquelle vous ne remboursez absolument rien sur le PTZ. Ensuite, une période de remboursement du capital, étalée sur la durée restante du prêt. Pendant la phase de construction, où vous payez des intérêts intercalaires sur votre prêt principal, le fait de ne pas avoir de mensualité sur une part significative de votre emprunt allège considérablement votre effort financier mensuel.

En cas de retard de livraison, cet avantage est démultiplié. Les intérêts intercalaires continuent de courir, et vous devez toujours payer votre loyer. Le différé du PTZ agit comme un amortisseur, réduisant la pression sur votre trésorerie. Il est donc fondamental, lors du montage de votre plan de financement, de maximiser la durée de ce différé en fonction de votre profil de revenus. C’est un paramètre à discuter en priorité avec votre banquier ou votre courtier. Le PTZ est également cumulable avec d’autres prêts aidés comme le prêt Action Logement ou le Prêt d’Accession Sociale (PAS), ce qui permet d’optimiser encore davantage la structure de votre financement et de renforcer votre résilience face aux aléas du chantier.

Comment amortir la valeur de votre appartement pour créer du déficit comptable ?

Pour l’investisseur locatif en VEFA, le risque de retard de livraison est aussi un risque fiscal : pas de livraison, pas de locataire, pas de revenus, mais des charges qui courent. La Location Meublée Non Professionnelle (LMNP) au régime réel offre un outil comptable puissant pour transformer ce risque en une stratégie de report : l’amortissement. Ce mécanisme permet de neutraliser fiscalement les revenus locatifs futurs et de gérer l’impact d’un décalage de livraison sans double peine.

Le principe de l’amortissement en LMNP est de considérer que votre bien immobilier (hors terrain) et son mobilier perdent de la valeur avec le temps. Cette perte de valeur théorique est déduite chaque année de vos revenus locatifs, en plus des autres charges (intérêts d’emprunt, taxe foncière, etc.). Le plus souvent, cela permet de générer un résultat fiscal nul, voire déficitaire. En d’autres termes, vous percevez des loyers qui sont très peu, voire pas du tout, imposés pendant de nombreuses années. Ce déficit, s’il est généré, est reportable pendant 10 ans sur les futurs revenus locatifs.

Il est important de noter que la loi de finances 2025 a modifié le régime LMNP, notamment en ce qui concerne la réintégration des amortissements dans le calcul des plus-values à la revente dans certains cas, ce qui nécessite une analyse fine de la rentabilité globale. Cependant, le mécanisme de base reste un atout. En cas de retard de livraison, les charges que vous supportez (comme les intérêts intercalaires) peuvent déjà commencer à créer un déficit. Ce déficit n’est pas perdu ; il est reporté et s’imputera sur les premiers revenus locatifs que vous percevrez, optimisant ainsi votre fiscalité dès le début de l’exploitation.

Stratégie d’amortissement LMNP en VEFA

Imaginons un bien VEFA de 200 000€ (valeur de la construction estimée à 160 000€, soit 80%). Vous pouvez amortir ces 160 000€ sur une durée de 25 à 40 ans, soit un amortissement annuel de 4 000€ à 6 400€. À cela s’ajoutent les frais de notaire (amortissables) et le mobilier. Si vos loyers annuels sont de 8 000€ et vos charges (intérêts, taxe foncière, etc.) de 3 000€, votre bénéfice avant amortissement est de 5 000€. En déduisant l’amortissement de 4 000€, votre revenu imposable n’est plus que de 1 000€. Un retard de livraison décale simplement le début de cette mécanique de rentabilité sans remettre en cause la stratégie de neutralisation fiscale à long terme.

À retenir

  • La négociation des pénalités de retard dans le contrat de réservation est votre premier acte de protection active.
  • L’audit financier du promoteur avant signature est une diligence non négociable pour prévenir le risque de faillite.
  • La consignation du solde de 5% chez le notaire en cas de réserves à la livraison est votre levier financier ultime pour obtenir la correction des défauts.

Jour de la signature définitive : les ultimes vérifications pour éviter un litige post-achat

Le jour de la livraison et de la signature de l’acte authentique de vente est l’aboutissement de votre projet, mais c’est aussi le moment le plus critique pour la protection de vos intérêts. Une livraison précipitée ou une inspection superficielle peut vous faire perdre des droits essentiels et transformer la fin du parcours en un long combat juridique. Cette étape doit être préparée avec une rigueur procédurale absolue. Le mot d’ordre est : ne signer le procès-verbal de livraison sans réserves que si le bien est absolument parfait, ce qui est rarissime.

L’erreur commune est de découvrir les défauts lors de la visite de livraison officielle, sous la pression du promoteur. Pour éviter cela, exigez une visite de pré-livraison une à deux semaines avant la date officielle. Cette visite informelle vous permet d’inspecter le logement à froid, sans enjeu de remise des clés, et de lister sereinement tous les points à corriger. Vous pourrez ensuite arriver à la livraison officielle avec votre liste et vérifier si les corrections ont été apportées. Lors de la visite officielle, testez tout : le débit d’eau de chaque robinet, le fonctionnement de la VMC, l’ouverture et la fermeture de toutes les fenêtres et volets, les prises électriques.

Le point le plus stratégique concerne le paiement du solde. Les 5% restants du prix de vente ne doivent être versés que si vous n’émettez aucune réserve. Si vous constatez le moindre défaut, vous avez le droit de consigner cette somme. C’est votre principal moyen de pression pour que le promoteur effectue les réparations rapidement. Comme le rappelle une autorité en la matière :

Le contrat de vente doit préciser que le solde de 5% sera consigné auprès du notaire ou de la Caisse des Dépôts et non du promoteur en cas de réserves, afin de garder un levier financier pour la levée des réserves.

– Maître Peyronnet, Guide VEFA 2025

Cette consignation doit être mentionnée dans le procès-verbal de livraison. Chaque défaut, même minime (une rayure sur une plinthe, une tache de peinture), doit y être listé de manière précise, avec des photos datées à l’appui. Un PV de livraison bien rédigé est le document fondateur de toute action future.

Checklist de la visite de livraison

  1. Inspection des parties privatives : Vérifiez la conformité des surfaces, la planéité des sols, l’état des murs et plafonds. Testez tous les équipements (plomberie, électricité, chauffage, volets).
  2. Contrôle des dépendances : N’oubliez pas d’inspecter votre cave, votre place de parking ou votre garage. Vérifiez leur accès, leur surface et l’absence d’humidité.
  3. Documentation : Exigez les documents importants comme les procès-verbaux des dernières assemblées générales de copropriété (s’il y en a eu) et les diagnostics techniques.
  4. Rédaction du procès-verbal : Listez chaque réserve de manière exhaustive et non équivoque. Ne cédez pas à la pression pour utiliser des termes vagues. Prenez des photos de chaque défaut et annexez-les.
  5. Consignation du solde : En cas de réserves, inscrivez clairement sur le PV que le solde de 5% sera consigné chez le notaire (ou à la Caisse des Dépôts) jusqu’à la levée complète de toutes les réserves.

L’application rigoureuse et méthodique de l’ensemble de ces vérifications procédurales constitue la seule véritable garantie de votre investissement. En endossant ce rôle d’investisseur averti et proactif, vous ne laissez plus votre patrimoine à la merci des aléas du marché, mais vous en devenez le principal protecteur.

Questions fréquentes sur l’achat en VEFA

Quelle part du projet peut être financée par le PTZ ?

Jusqu’à 50% du montant de votre bien peut être financé avec le Prêt à Taux Zéro selon votre zone géographique et vos revenus.

Comment fonctionne le différé de remboursement ?

Le PTZ permet un différé de 5, 10 ou 15 ans selon vos revenus, créant un ballon d’oxygène financier crucial en cas de retard de livraison.

Le PTZ est-il cumulable avec d’autres aides ?

Oui, le PTZ est cumulable avec le prêt Action Logement, le PAS et la TVA réduite dans les quartiers prioritaires.

Rédigé par Julien Faure, Chasseur immobilier et négociateur expert, ancien directeur d'agence avec 20 ans de transactions à son actif. Spécialiste du marché résidentiel, de l'investissement locatif et de l'achat sur plan (VEFA).